#1 histoire d’une reconversion réussie – Le constat

Cela fait deux mois et demi que je suis sans travail… et aujourd’hui, j’ai décidé de faire une suite d’article sur ce qui se passe dans ma vie afin que vous suiviez réellement mon évolution de ces dernières semaines.

Le 29 mars donc, je quittais ma mission de chef de projet, j’étais dans un état épouvantable, j’étais l’ombre de moi même, je n’étais personne… je ne me reconnaissais plus.
Au fond de moi, j’étais malgré tout impatiente d’avoir du temps pour moi, du temps pour enfin mettre en place mon blog qui moisissait au fond d’un tiroir, pour faire le défi de Lilou qui a coup sûr m’aiderait à me remettre vite sur les rails de la Vie, pour me reposer, pour mettre en place de bonnes habitudes, pour commencer mon livre, pour terminer ma formation d’animatrice du Journal Créatif, pour me reconnecter à mes enfants, … bref, je quittais une vie professionnelle très remplie pour me plonger dans une vie personnelle tout aussi remplie… Ma peur du vide sans doute…

Je ne me rendais pas compte que mon corps n’avait pas envie de tout cela… Que j’avais juste besoin de ne rien faire ! Vous savez ce genre de « Dolce Farniente » que Liz Gilbert décrit si bien dans son livre « Mange, Prie, Aime » ou que Winnie et Jean-Christophe aime si bien faire ensemble « Ne rien faire… »

J’ai mis 2 mois et demi à comprendre que j’avais juste besoin de ne rien faire… de me laisser vivre, de me reposer, d’aller vers de nouvelles rencontres, de nouvelles expériences, de laisser la Vie me reconquérir, de retrouver les saveurs de la nourriture, des ronronnements de mon chat, du calme de la maison…

En 2 mois et demi, ce n’est pas que je n’ai rien fait, c’est juste que je n’ai pas fait autant que je l’espérais… Au fond, une petite voix me dit : « t’as pas honte ?? » … et bien si, j’ai honte car cela ne me ressemble pas… mais peut être que je n’ai plus envie de ressembler à celle que j’étais… que j’ai justement envie de ne plus avoir honte de ne pas être ou de ne pas faire comme le monde veut que je sois…

Une autre voix me dit  » Tu vas être seule, tu seras sans argent, faut remonter la pente et vite, le temps presse »… oui peut être, c’est grave de ne rien faire, de ne pas gagner d’argent, je sais… et en même temps, peut être que je n’ai pas envie de remonter une pente pour me retrouvée requinquée d’apparence mais vide de n’avoir rien compris à ce qui m’arrive… de me laisser emportée comme avant par un rythme effréné du monde professionnel, un rythme où mes pieds quitteront le sol pour ne le retoucher que quand je me serais bousillée une nouvelle fois…

Je ne veux plus de cette vie, de ces voix qui me pressent, me bouffent, me poussent… par peur, par manque… Je veux retrouver mon chemin par amour pour moi, par respect pour mes valeurs… et je veux prouver que c’est possible… possible de quitter une vie de confort (où rien est vraiment confortable mais on s’y plait par habitude) et d’aller à l’aventure vers soi même, vers ces zones d’inconfort, où ça fait mal, où c’est douloureux… mais qu’on sait qu’on va devoir les affronter car sinon, on retombera de nouveaux dans les mêmes travers et on n’avancera pas…

Photo by Hayley Seibel on Unsplash

La conquête de soi, ça fait peur et en même temps, c’est génial de se dire qu’on va enfin déposer ses masques, enfin lâcher ses rôles, enfin se montrer enfin soi aux autres, mais surtout à soi… On va enfin se découvrir, on va enfin arrêter d’avoir honte d’être comme « ça » et pas comme les autres veulent, on va arrêter de se cacher aux autres, de faire de la magie pour faire croire aux autres qu’on leur est indispensable… personne n’est indispensable, personne n’est responsable du bonheur d’autrui… chacun est libre des autres mais responsable de lui même… Souvent, on se rend indispensable par peur de ne pas être aimé, par peur de n’avoir plus rien après, par peur de se perdre, mais au contraire, quitter une relation, quitter une position, un emploi, c’est mettre à l’épreuve cette capacité que nous avons tous d’être créatif et de se réinventer, de réinventer notre vie, notre travail, notre relation à soi, la relation avec l’autre…

Nous avons peur car nous avons très tôt, enfant, été coupé de notre créativité. C’est dangereux d’être créatif car cela ne rapporte « soi disant » rien comme travail, parce que c’est du temps perdu, parce que ce n’est pas joli, parce qu’une fois terminé, on ne sait plus où stocker nos œuvres…

Or la créativité, c’est justement cette aptitude qui nous permet de nous adapter, elle est là, enfouie au fond de nous… on croit ne pas en avoir, on croit que notre créativité ne nous fait pas faire de belles choses… on croit beaucoup de choses sur la créativité (croyances limitantes bien sur !), mais étonnamment, lorsque vous êtes viré, qu’on vous découvre une maladie, qu’on a un enfant malade, que votre dent vous fait tout d’un coup mal … bref que la vie nous met un petit caillou (ou un roc) sur notre chemin, on trouve des solutions, on cherche à aller mieux, … on fait garder son enfant, on va chez le dentiste, on essaie de chercher un nouveau travail ou on fait une formation pour faire autre chose de notre vie… bref, on fait ressortir cette créativité… Elle est donc bien là…

Je termine donc le constat d’aujourd’hui par le fait que même si ces 2 derniers mois n’ont pas été riches en actions comme je l’avais prévu dans ma tête, ils ont été riches en créativité, en rencontres, en constats enrichissants, en amour … donc rien est perdu, au contraire, je sens que tout cela va me mener vers quelque chose que je ne peux mesurer actuellement…

Et vous ? Comment vous sentirez vous à ma place ? Que représente pour vous la créativité ? Est ce un danger ou une alliée ? Avez vous confiance en elle pour vous guider ou au contraire, vous laissez les habitudes prendre le dessus sur votre vie car vous avez peur de cette créativité qui pourrait vous montrer que vous êtes un mouton endormi ?

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